10
décembre
2014

24 heures

Littérature

Lausanne cherche le meilleur polar pour son nouveau prix littéraire

Une distinction dotée de CHF 20’000.– sera décernée en 2015. Un jury non-professionnel présidé par Yves Patrick Delachaux départagera les six candidats en lice.

24 heures - Caroline Rieder

24 heures
Lilau: Comme «Lire à Lausanne».
Le nouveau prix littéraire qui déboule dans le paysage des lettres romandes a été créé par la capitale vaudoise dans le cadre de sa nouvelle politique du livre. Cette distinction dotée de CHF 20’000.– sera remise pour la première fois en mars 2015.
Six auteurs sont en lice. Pour être sélectionné, nul besoin d’être Lausannois. «Les auteurs doivent avoir un lien avec la Suisse romande. Soit y vivre, soit y être édité», détaille René Zahnd, délégué à la politique du livre de la Ville de Lausanne.

Originalité:
La récompense sacre chaque année des livres choisis dans un genre littéraire différent. «Nous voulions éviter que ce soit juste un prix de plus. Cela permet de distinguer une personne, mais aussi de mettre en avant un genre», remarque René Zahnd. Car le prix sert aussi à vivifier la communauté des lecteurs de la région. Les livres en lice font ainsi l’objet, jusqu’en mars, de soirées de présentation ouvertes au public. Dans une volonté de prendre en compte tous les lecteurs, ce prix se veut «sans barrières ni tabou».

Pour la première édition, le polar est à l’honneur. «Nous avons fait ce choix car le genre est particulièrement vivace en Suisse romande depuis quelques années», poursuit le responsable. Les bibliothécaires de la ville ont ainsi retenu six ouvrages parmi pas moins de 25 titres parus en 2013-2014. Longtemps méprisé par le milieu littéraire, le genre a gagné ses lettres de noblesse. Boosté notamment par les auteurs scandinaves, il séduit de plus en plus de lecteurs, mais aussi d’auteurs et de maisons d’édition, en Suisse romande comme ailleurs. Parmi les livres en lice, trois émanent d’ailleurs de plumes connues pour d’autres écrits: Mary Anna Barbey, Bastien Fournier et Sébastien Meier.

Si, dans sa définition stricte, le polar comprend le plus souvent une énigme et une enquête de police ou d’un détective, le genre s’est quelque peu élargi. «Le polar n’est plus seulement le roman noiraméricain. Il y a des polars sociologiques, ethnographiques et même historiques. Le genre recouvre petit à petit tous les champs de la vie humaine», remarque Yves Patrick Delachaux. L’auteur et ancien policier genevois préside le jury de ce premier Prix Lilau.

Mais qu’est-ce qu’un bon polar?
«C’est difficile à définir précisément, il faut une intrigue qui tienne en haleine, une logique dans l’histoire et une bonne chute. Une qualité d’écriture aussi, sans que ce soit le point dominant», indique le flic-écrivain. «Pour le prix, nous aimerions aussi de l’originalité».

L’auteur a élaboré une grille de lecture très complète, incluant également la construction des personnages, pour aider le jury à se déterminer. Celui-ci est constitué de six personnes non professionnelles recrutées sur la base d’une inscription «volontaire et motivée». Tous désigneront le vainqueur à l’issue d’un week-end de délibérations, sous la houlette d’Yves Patrick Delachaux. «Il est très important que l’on puisse motiver notre choix, commente ce dernier. D’autant que le prix est doté d’un montant conséquent».