20
octobre
2016

Profil -Mise à nu

Yves Patrick Delachaux est désormais «paraflic»

Yves Patrick Delachaux a longtemps été policier.
Il est désormais «paraflic»: consultant, auteur d’essais traitant du rôle de la police dans la ville. Il écrit des romans et collabore à des scénarios.

Vincent Borcard

Profil -Mise à nu

«J’ai demandé à ma fille quelle partie de moi vous montrer» elle m’a dit «Tes yeux, Ta boucle d’oreille, ton tatouage».

Quel est le défaut que vous préférez chez une femme?
L’absence de sens d’orientation. C’est caricatural, mais je l’ai souvent vérifié. Qu’est-ce que j’ai pu voir comme filles égarées dans les parkings, ne se souvenant plus où elles avaient mis leur voiture! Plutôt sympa, ça m’a permis de les réorienter…

Une soirée avec Penélope Cruz ou avec Monica Bonfanti?
Monica Bonfanti est une femme absolument délicieuse. Je me rappelle avoir passé du temps avec elle dans sa voiture à refaire le monde, dans le parking de l’école de police. En tout bien tout honneur: mes relations avec elle en sont toujours restées à un rapport hiérarchique en flux tendu. Bref, comme je préfère l’aventure, je choisirais Penélope Cruz.

Avez-vous des attentes particulières de vos collaboratrices?
J’ai été élevé par des femmes, et ce sont toujours des femmes qui m’ont mis le pied à l’étrier. Dans mon travail d’écrivain, c’est une femme qui m’a découvert, une autre qui m’aide au quotidien, une troisième qui m’édite. J’ai fait passablement de sports, je m’entraînais surtout avec des femmes. Dans mes voyages, je rencontre des routardes, pas des routards. Je suis plus naturel avec les femmes, plus honnête. Entre hommes, on est constamment dans la représentation.

Comment faire pour aimer deux femmes en même temps?
Je suis toujours amoureux. C’est magnifique, c’est génial, le bonheur absolu. Ça me porte: je n’aurais pas emprunté des chemins de traverses si des femmes ne m’y avaient pas poussé. Avec les aventures amoureuses, on entre dans autre chose, du sublime. J’aimerais que cela soit plus simple, mais cela ne l’est pas.

Quand pour la dernière fois vous êtes-vous senti désirable?
Les gens commencent à me reconnaître, à chercher des prétextes pour m’aborder. C’est assez cocasse, tout ça. Il faut faire attention quand votre tête se trouve dans les journaux, on peut penser être désiré souvent, mais ce n’est rien, du jeu.

En quelles circonstances éprouvez-vous de la sensualité au travail?
Dans la vie de policier, il y a de magnifiques moments de fraternisation, mais pour la sensualité… Dans l’écriture, il y a le plaisir de la belle phrase qu’on relit après une nuit de travail. C’est à mettre en regard de tous les moments de découragement. Je suis issu d’une famille de papetier, j’en garde des souvenirs, des odeurs. Quand j’écris, c’est souvent avec ma vieille Pélican.

Une héroïne de fiction qui vous a marqué?
Le personnage de Marguerite Duras dans L’amant. C’est un des livres les plus érotiques que je connaisse. Quand je suis parti sur les routes indochinoises, c’était pour retrouver les lieux du récit. Je suis retourné à la maison de l’amant, une chance, car elle était devenue un commissariat de police, mais aujourd’hui rendue à la famille. J’ai rencontré les siens, qui m’ont amené sur sa tombe, et à l’école de l’héroïne. Sa maison n’existe plus. Très curieux, quand je me suis trouvé dans le salon de la maison de l’amant, j’ai croisé le regard d’une femme, une française, c’était sensuel.

Si vous deveniez une femme, là, maintenant, que feriez-vous en premier?
Je ferais l’amour. Je ne sais pas si ce serait avec un mec, mais je ferais l’amour. De mon expérience, il y a chez les femmes une jouissance qui, par son ampleur, me renvoie à un piètre statut de mâle.

Regrettez-vous parfois que le film finisse mal?
J’ai même parfois tendance à penser qu’un film qui finit mal est un film raté! Mais on passerait à côté de chefs-d’œuvre. J’ai revu récemment The Big Heat, de Fritz Lang. À la fin, Gloria Grahame, qui avait sauvé tout le monde, se fait flinguer et meurt dans les bras de Glenn Ford. À chialer.

Quel est le péché qui vous sera pardonné?
Le narcissisme. Je pense que je pourrai toujours rattraper le coup.

Aimer, c’est se laisser aller ou se surpasser?
J’ai dû me surpasser pour me mettre à la hauteur des femmes extraordinaires que je croisées au cours de ma vie.