Note de l'auteur

Je suis une fois encore atteint de tics et tocs plumitifs, mais pour cette fois-ci vous proposer une analyse critique de ma profession. Je disais à la sortie de mon deuxième roman «Flic à Bangkok»: « le métier policier vu comme une odyssée dans la société humaine », je ne croyais pas si bien dire.

Dans Présumé non coupable, des flics contre le racisme, j’ai posé pour quelques temps mon vêtement de romancier pour celui de flic-chercheur, et observé des interventions policières dans lesquels la société civile, la société politique et nos hiérarchies y voient parfois des actes à caractères discriminatoires ou « racistes ». J’ai souhaité comprendre comment les policiers, ces boucaniers du bitume, n’ont parfois pas les mots pour rendre compte de leurs actions.

Car, ma position est la suivante: la discrimination est un outil pratique pour les policiers.

C’est pourquoi j’ai souhaité confronter le management de la police aux responsabilités premières des ressources humaines, trop absentes à mon goût dans l’encadrement du personnel policier, en Suisse et en Europe.

Alors j’ai vu qu’il n’y avait pas de policiers racistes, les méthodes de recrutement nous préservent de ce fléau. Mais j’ai vu des policiers qui n’avaient pas toujours les réflexes de différencier les discriminations professionnelles, qui sont pour nous des moyens pratiques, justifiés et justifiables, et les discriminations étroites et négatives, nourries par l’expérience et la régularité métronomiques de certaines de nos interventions.

Ce texte vulgarisé, que je vous propose de critiquer, n’est pas qu’un gambillage des mots, il s’agit d’une expérience d’analyse sur les pratiques d’enquêtes et d’interpellation.