31
mai
2017

Marrakech

Souvenez-vous, je vous ai laissé à Marseille sur le quai de la Joliette, les Messageries Maritimes et tout le toutime. Ben, aujourd’hui je vous retrouve au Maroc, à Marrakech. Je me suis fait discret car j’étais en processus d’écriture. J’ai pondu du texte.

Je resitue pour ceux qui n’ont pas suivi. J’ai parcouru plusieurs mois les ports d’Asie du Sud-est à la recherche d’un cargo, le Saigon 5, pour mon prochain roman. Et mes tribulations m’ont amené jusqu’à Marseille, pas croyable ! Alors je me suis posé et j’ai écrit. Ah mystère ! Écrire, s’enfermer, devenir sauvage, pour qu’un matin reviennent ces fourmillements, aussi devoir retrouver du mystère. Alors une évidence : la Ville ocre, au pied de l’Atlas et la vallée de l’Ourika.

« Les gens de Marrakech drainent dans leur regard l’insaisissable éblouissement du nulle part ». L’écrivaine Rajae Benchemsi invite à ce voyage romanesque que je souhaite partager avec vous. J’écris ces lignes de la terrasse du Dar Sholmes dissimulé dans le quartier Sidi Mimoun, un entrelacs de ruelles qui laissent à peine passer la lumière. Fraîcheur garantie. Le riad – maison d’hôte – dans laquelle je loge, comporte six chambres orientales, deux étages et une magnifique terrasse baignée par le soleil, je m’installe, protégé par une tente berbère, et je m’abandonne au son de la voix de l’Imam qui, à cadences régulières, appelle les fidèles à la prière. Je sirote un thé à la menthe et observe les jardins exotiques des propriétés voisines.

Les bâtiments de Marrakech – déformation de la prononciation espagnol Marruecos (Maroc) – offre une palette de couleurs pourprées. Au crépuscule les rayons du soleil caressent les murs qui rougeoient et se découpent sur un ciel bleu azur. Vous n’êtes jamais venus ? Alors voici deux mots sur la ville. Elle est divisée en deux parties distinctes : à l’intérieur de l’enceinte médiévale, la médina, la ville historique ; à l’extérieur la ville nouvelle, les quartiers Guéliz et Hivernage, sans grand intérêt si ce n’est le Grand Café de la Poste, établissement construit en 1920 sous protectorat français, qui fut un relais postal, puis un hôtel, aujourd’hui une brasserie. La médina constitue le centre névralgique et le cœur de la ville. Elle est l’une des plus importantes du Maroc et la plus peuplée d’Afrique du Nord où il est difficile d’échapper aux fêtes et aux danses orientales. Marrakech est encore le départ de nombreuses excursions pour l’Atlas et le désert. La ville est entourée de jardins magnifiques, de palmeraies et terrains de golf. Sur la place Jamâa El Fna, à la tombée de la nuit, on observe le minaret de la Koutoubia, éclairé, et le dédale des souks, à la rencontre des épiciers, cordonniers, teinturiers, tanneurs, tisserands et dinandiers, et les touristes, suivis par les marchands de rêves en burnous et babouches, les policiers de la sécurité nationale, ventripotents et gueules patibulaires, les diseuses de bonnes aventures, les lanceurs de couteaux et cracheurs de feux, et il y a ces charmeurs de serpents… une Cour des miracles dans laquelle il est probable de se perdre, découvrir alors le cœur d’une Esmeralda qui tatoue l’amour à l’henné.

Je vous laisse, j’ai rendez-vous pour un massage à l’huile d’Argan que j’ai négocié auprès d’une curieuse bonne dame qui, paraît-il, a bien connu Corto Maltese, mais ça c’est une autre histoire…

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