31
mai
2017

Hong Kong

Les nuages sont épais. Les trous d’air magistraux. L’avion valdingue de droite et de gauche. Je parie que les cent treize passagers pensent comme moi en ce moment au bon Dieu, qu’il soit helvète ou chinois. Les miracles existent. L’avion se pose. Le commandant de bord remercie d’avoir choisi Hongkong Airlines. L’aéroport de Lantau est ultra moderne. Trois minutes pour l’immigration. Mes collègues hongkongais sont efficaces et souriants. L’organisation est impeccable. Les transports publics sont faciles d’accès. Tout est neuf et signalisé.

Il est inutile de comparer Saigon et Hong Kong – le port aux parfums. Ce nom n’évoque-t-il pas déjà la piraterie et l’aventure ? Plusieurs guerres de l’opium, presque deux siècles de gouvernement British. Hong Kong fonctionne sur un modèle d’économie libérale. Ça se voit. Du fric partout. Il fait bon vivre ici pour les riches ! Les plus pauvres sont renvoyés dans leur province. Je croise des bagnoles de luxe et jette des coups d’œil aux boutiques flashions qui n’existent pas à la rue du Rhône… et ici pas une voiture n’est stationnée en double position. La police veille en uniforme verdâtre et gilet fluorescent.

Kowloon. Un hôtel. Le New Kings. Nathan road. Le tarif pour une chambre me file le vertige. Je dépose mes affaires et file au port. Je monte à bord d’un ferry. Pont et banquettes en bois. Personnel en uniforme de la marine. Je m’appuie contre la rambarde. Un choc ! Je mesure mieux encore la hauteur des bâtiments. Une jungle de béton et de verre qui s’élève entre les nuages. Il pleut. Il typhone. La mer de chine méridionale est démontée. Le ferry ballotté. Que du bonheur pour le romancier qui imagine déjà vivre une expérience unique. Nous sommes à quelques nautiques de Canton, nous pourrions nous déporter, sombrer, nous échouer. Les récits de Joseph Conrad ressurgissent. Typhon, Jeunesse ou Lord Jim ressurgissent à ma mémoire. J’avais découvert Conrad avec Hugo Pratt, qui s’est peut-être bien inspiré du narrateur Malrow pour imaginer Corto Maltese. Et me voilà à traverser cette baie mythique, et poser le pied à Hong Kong City. Une jonque chinoise croise devant la muraille de gratte-ciels. Comment y croire ? Elle semble sortir de l’une de mes bandes dessinées de mon enfance. J’en fais trop ? Que nenni ! Images improbables, mais authentiques.

Je me rends au Tram peak en passant dans les quartiers de Hollywood et de Soho, rencontre des artistes. J’engage la discussion. Je prends des photos. Je suis aux anges. Le funiculaire m’amène sur les hauteurs de Victoria peak. Un panorama éblouissant. Je repère les centaines de porte-conteneurs qui croisent à l’horizon, et ceux amarrés au port de Kowloon. Mes jambes frétillent. Je m’engage dans les escaliers, sur la route, entre les buildings… je fonce à la capitainerie. Saigon 5 sera-t-il là ?

L’écriture de mon prochain roman passe nécessairement par Hong Kong. C’est aujourd’hui une évidence. Mon personnage principal filera à bord d’une jonque de trafiquants sympathiques…

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