31
mai
2017

Siem Reap (Angkor)

Des semaines que nous partageons des aventures en jungle urbaine : Saigon, Mui Né, Hoi Han, Hué, Hongkong, Phnom Penh, Sihanoukville. Je vous ai amené à suivre les traces de mon porte-conteneur Saigon 5 sur les voies de navigation empruntées jadis par les Messageries Maritimes. Du rêve. Des souvenirs. De la romance. De l’aventure. Ben mes enfants, de l’aventure je veux vous en fournir une fois encore à volonté.

Je suis dans La cité d’Angkor. Ancienne capitale de l’Empire khmer au nord du Tonlé Sap, ce gigantesque lac sur lequel, souveniez-vous, en 1935 Antoine de Saint-Exupéry a amerri, en perdition, mettant fin à son aventure asiatique, la seule qu’il ait entreprise dans la région. C’est aussi à Angkor qu’en 1923 André Malraux vole deux statuettes, qui lui vaut d’être retenu six mois à l’hôtel Manolis de Phnom Penh que je vous ai présenté dans une chronique précédente. Ce ne sont pas moins Marcel Arland, Louis Aragon, André Breton, François Mauriac, André Gide et Max Jacob qui viendront à son aide pour sa libération. Malraux en tire l’un de ses plus fameux romans : La Voie Royale. Bref, cette voie royale, j’y suis.

Ay Pharinin est ma guide cambodgienne. Elle ne doit pas atteindre le mètre soixante. D’origine khmère, elle parle parfaitement l’anglais et le français. Ses yeux ont de cette surprenante forme amande et globuleuse, mise en évidence sur les statuts de pierre des temples khmers. Cette petite bonne femme est une dure à cuire, garantie autochtone. Plus de 40 degrés Celsius, pourtant elle me fait cavaler entre ces temples, ces bassins, ces visages taillés dans des blocs de pierres, ces guerriers, ces éléphants et oiseaux mythiques, les Garuda, combattant les Naga, serpents des eaux et de la terre. Ces splendeurs sont figées pour l’éternité par les racines d’une jungle abondante qui a caché des siècles les richesses d’une civilisation disparue, qui s’est étendue du Laos à la Thaïlande et au Viêt Nam. Ma guide s’emballe en désignant les descriptions des styles Pre Rup, Khleang, Baphuon… d’influences hindouistes et bouddhistes. Je découvre partout magnificence, symbole et ingéniosité architecturale. Brahma le créateur, Vishnou le protecteur, Shiva le destructeur…. et l’Homme, cet animal incroyablement astucieux pour rendre hommage à la vie. Je vous l’accorde, ce n’est pas toujours le cas. M’enfin ! Se trouver à Angkor et me voilà revenu un enfant émerveillé qui se faufile dans les escaliers de pierre, les galeries effondrées, les sanctuaires.

Epuisé je gravis les marches abruptes d’Angkor Vat et découvre par-dessus tout, l’immensité du territoire, la végétation luxuriante qui couvre les bâtiments plusieurs fois centenaires. Je médite. J’observe. Je prends acte de la beauté du monde. Deux moines en robe safran s’approchent, s’installent sur les marches du sanctuaire qui culmine Angkor Vat. J’ai la gorge nouée. Je m’approche. Ils m’invitent à m’asseoir auprès d’eux. On sourit. Un instant d’éternité… Ce sont ces moments qui me font croire en l’humanité.

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