23
mai
2017

Dauphiné Libéré

Un policier-romancier genevois édité en France

Christelle Floquet-Niquelett

Dauphiné Libéré

Voilà un homme qui ne manque pas de courage.
Prolixe et adepte du parler vrai, le genevois Yves-Patrick Delachaux est policier, romancier et formateur de policiers.

Après avoir usé ses Rangers sur les trottoirs des bas-quartiers de Genève comme ilotier, l’homme d’armes réagit aux conditions de travail auxquelles ses collègues et lui sont confrontés au quotidien, ce qu’il relate dans son premier ouvrage, «Flic de quartier».
Des conditions qui le mènent au devant de situations qu’il faut gérer, pour la plupart du temps, sans formation ad-hoc si ce n’est celle de la pratique sur le terrain.

Et que trouve-t-on sur le terrain? Des migrants, des émigrés, des étrangers qui vivent là avec leurs problèmes, leurs cultures et leurs différences. Tout ce qui fait le terreau du racisme et de l’intolérance à leur égard et auquel notre homme se refuse de céder.
Fort du constat que dans sa fonction de patrouilleur la discrimination, comme les préjugés, étaient des «moyens pratiques» pour assurer des missions d’enquêtes, de sécurité et de surveillance, il devenait primordial de comprendre ces pièges et de ne pas y tomber. «Je n’étais pas raciste, pourtant certains de mes actes pouvaient passer comme racistes». Un constat qu’il élude dans son troisième ouvrage, «Présumé non coupable : des flics contre le racisme».

Afin de mieux comprendre cette réalité sociale et psychologique et y réagir avec efficacité, Yves-Patrick Delachaux suit une licence à l’Université de Genève en Sciences de l’Education. Il présente un mémoire «Œuvrer pour la formation des policiers», convaincu que la solution passe par la formation et l’information. Sa licence de formateur en recherche et intervention en poche, il rejoint en 2004 le service psychologique de la police genevoise pour mission de développer et piloter des programmes d’éthique et droits de l’homme. Parallèlement, il devient l’un des personnages centraux d’un film documentaire tourné en 2001 sur le travail de flic de quartier tourné avec Sarah Khalfallah et son collègue Alain Devegney, «Pas les flics pas les Noirs pas les Blancs», de Ursula Meier. Ce film démontre une expérience innovante de résolution de conflits en contexte migratoire.

Au cours de ces missions, Yves-Patrick Delachaux a coopéré avec ses collègues de l’Ain, de la Haute-Savoie et de Lyon.
Invité le 4 octobre dernier à Paris à la présentation de la 11ème Recommandation de la Commission européenne contre le Racisme et l’Intolérance (L’ECRI) à l’attention des corps de police européens, il y présente son travail.
Loin d’être lassé de raconter son métier, l’auteur rend hommage aux policiers-enquêteurs dans un nouveau roman, «Flic à Bangkok». Ses livres sont vrais et de réelles questions y sont traitées, sans détours, ni artifices, avec pour seule arme la passion d’un homme pour son métier, la psycho-sociologie et l’écriture.