29
juin
2017

Femina

Présumé non coupable, des flics contre le racisme.

Yves Patrick Delachaux, flic de l’éthique

Jennifer Segui

Femina

Policer le jour, écrivain la nuit, le genevois Yves Patrick Delachaux refuse de considérer le racisme comme un travers incontournable de sa profession.
On le soutient car…

Il est passionné : Sportif de haut niveau, c’est le judo qui le conduit à fréquenter ses futurs collègues qui lui parlent de leur quotidien. Les contacts humains, le monde de la rue, le sentiment de servir la bonne cause… Il adhère sans hésiter et quitte l’entreprise familiale à 26 ans pour entrer dans la police.

Il est courageux : Plutôt que les beaux quartiers genevois ou les tranquilles petites villes romandes, sa préférences va au cœur du métissé quartier des Pâquis, à Genève, où il exerce sa profession pendant douze ans… avec les déshérités, les trognes, les prostituées. Ses « meilleures années ».

Il n’est pas misogyne : Dans son deuxième bouquin, Flic à Bangkok, il dénonce au passage la difficulté qu’ont les femmes à se faire leur place dans le monde viril de la police. Il l’affirme : elles doivent sans hésiter dénoncer les comportements irrespectueux.

Il innove : La répression ? Pas son rayon. Auprès des multiples populations migrantes présentes dans le quartier où il exerce, il s’invente une profession et devient îlotier ethnique. Et rien de vulgaire là-dedans…

Il est provocateur : Lorsqu’il devient le héros d’un documentaire intitulé Pas les flics, pas les noirs, pas les blancs, qui montre son quotidien d’îlotier, il agace sa direction. Il publie alors son roman Flic de quartier comme un exutoire. Sa hiérarchie tombe, tandis que lui devient formateur au service psy de la police, spécialiste de l’éthique et des droits de l’homme…

Il croit en l’espèce humaine : Au sein de la police, il veut faire bouger les mentalités et cite la sociologue Dominique Lhuillier : « On n’entre pas dans la police parce qu’on est raciste, on le devient par la socialisation policière. » Pour lui, c’est un constat, pas une fatalité. Dans son dernier bouquin, il donne à son corps de métier les moyens d’y remédier.