31
mai
2017

Le Dauphiné

La personnalité du mois: Patrick Delachaux flic écrivain

par Sébastien Colson

Le Dauphiné

Il était flic, il est devenu écrivain. Ou sans doute a-t-il toujours été les deux, tant Patrick Delachaux a une approche humaniste d’un métier qui l’a amené jusque dans le 9-3. Policier suisse dépêché par Europol, il a exploré tous les recoins de la société, expérience dont il a tiré des livres saisissants. Mais, tandis qu’il se coltinait avec les triades chinoises le jour, ses nuits le ramenaient vers d’autres aventures sur les traces de Kerouac ou Duras, les écrivains qui le faisaient rêver, gamin, quand il écumait la campagne genevoise…

Un beau jour de 2008, à 42 ans, il a décidé de franchir le pas. Il a « rangé son uniforme, refermé son vestiaire », et quitté la police. Puis il est parti sur les traces d’un « porte-conteneurs fantomatique dans le port d’Ho Chi Min City ». Son escapade a duré près de cinq ans, via l’Asie du sud-est, Hong-Kong, Tanger ou encore les États-Unis. Une fuite ? Des retrouvailles. De cet itinéraire, il a tiré un livre au titre clin d’œil, « Déroute », qui vient de sortir. Hymne à ceux qui vont au bout de leur rêve, Patrick Delachaux leur dédie cette maxime presque taoïste, qu’il s’est appliquée à lui-même : « Nous ne risquons rien ». Car la route continue toujours…