31
mai
2017

Tribune de Genève

Patrick Delachaux raconte ses errances littéraires

Par Muriel Grand
Photo S. Guillaume-Gentil

Tribune de Genève

Boucle d’oreille, barbe de trois jours, cheveux courts grisonnant sur les tempes, jeans, chemise noire et santiags aux pieds, le baroudeur fait son show. Présent au Salon du livre pour promouvoir Déroute , sorti exprès pour l’occasion, l’écrivain Patrick Delachaux a décidé de le mettre en scène. Des morceaux choisis lus par l’auteur alternent avec quelques-unes de ses chroniques radios. Flippetouche, qui a illustré l’ouvrage, réagit en direct et en dessin sous l’œil d’une caméra.

«Je voulais proposer autre chose qu’une simple rencontre», explique Patrick Delachaux, qui s’est fait aider par Nathalie Lannuzel, directrice pédagogique de l’école de théâtre Les Teintureries. Sur scène ou en interview, lorsque l’ex-flic de quartier genevois parle de son dernier opus, ses yeux bleus pétillent. «Pour éviter de déprimer après ma démission de la police, je suis parti en Asie. Je voulais notamment suivre les traces de Marguerite Duras et faire des repérages pour mon prochain roman, Saigon5. On m’a proposé d’écrire des chroniques lors de mon périple. Ces textes ont servi de base à «Déroute»

De Saigon à La Havane en passant par Hongkong, Marseille, Marrakech, Venise, San Francisco ou New York, l’écrivain raconte les pays traversés pendant ses quatre ans d’errance à la recherche de lui-même. «Je suis incapable d’écrire dans mon salon. Il me faut aller sur le terrain, rencontrer des gens, prendre des coups, raconte-t-il. A bientôt 50 ans, j’ai envie de vivre des aventures.» Le personnage de Patrick, héros de ses trois romans, reçoit ici pour la première fois son nom de famille. «Avec le temps, il y a de moins en moins de différence entre lui et moi», s’amuse l’auteur.

Au fil du voyage naissent également de nombreuses réflexions sur l’écriture, qui font de Déroute le making-of d’un livre en devenir. Et d’un auteur s’assumant comme tel. «Avant, j’étais un policier qui écrivait, confie-t-il. Désormais, j’ai décidé de vivre uniquement de ma plume, sous toutes les formes: reportage, essai, roman, chronique, scénario. Cela me passionne, j’ai envie de tout explorer.» Flic de quartier , son premier livre, devrait bientôt être adapté au cinéma par Xavier Beauvois, réalisateur du Petit lieutenant , avec Pascal Elbé dans le rôle principal. Et une série policière scénarisée par Patrick Delachaux va probablement voir le jour à la Télévision suisse romande. «Je me réjouis de transposer mon univers à l’écran, et de tout réinventer.»

La B.O. de ma vie

Musique pour un ex-flic

Entre deux voyages, l’ex-flic de quartier Patrick Delachaux est de retour à Genève pour présenter au Salon du livre son dernier ouvrage, Déroute , et faire une petite pause musicale.

  • Le premier disque acheté?
    I Feel Love de Donna Sommer, vers 10 ans, surtout pour la très érotique pochette du disque. Je crois bien que ce fut mon premier orgasme.
  • La musique qui a changé votre vie?
    L’album News Of The World de Queen, aussi vers les 10 ans. Je découvrais un rock plus dur que celui de mes parents.
  • Un air à siffloter sous la douche?
    Douce France de Charles Trenet…
  • Pour danser le samedi soir?
    Je ne danse pas le samedi soir, jamais trop compris ces déhanchés dans les boîtes de nuit, je suis plutôt blues et jazzy le soir.
  • Pour paresser le dimanche matin?
    Ain’t Got No, I’ve Got Life de Nina Simone pour émerger, puis Turn Me On de Norah Jones pour languir et Lovefool des Cardigans.
  • Une trouvaille récente?
    Wind of Change, un jeune groupe suisse de rock qui déménage.