Une nécessité plumitive…

note auteur flic bangkok«Du hasard à la nécessité… l’écriture est ainsi devenue un outil personnel, un espace nécessaire dans ma vie…» écrivais-je à la parution en 2003 de Flic de Quartier, relatant l’histoire de mes interventions vécues lors de patrouilles dans un quartier populaire ; une écriture impulsée par plusieurs concours de circonstances, l’inscription à 33 ans à l’université, la participation au film Pas les flics, pas les noirs, pas les blancs, d’Ursula Meier, et la résistance à une politique sécuritaire imposée à l’arrivée d’un nouveau patron, qui par ailleurs ne restera en poste que deux ans. Bref, des circonstances de vie qui vous travaillent au ventre et font resurgir d’anciennes compétences scolaires malheureusement oubliées. Dès les premières lignes de mon premier roman, j’avais compris que je n’en resterai pas là, en somme, j’avais attrapé le virus souvent exprimé par mes auteurs de prédilection : Alphonse Boudard, Nicolas Bouvier, Antoine de Saint-Exupéry, Joseph Kessel, Jack Kerouac, Ernest Hemingway, Louis Calaferte, pour ne citer qu’eux, entre l’errances et voyages initiatiques, conflits de pouvoirs, haine et amour, décadence et grandeur des hommes, tous les ingrédients d’une excellente chronique, anecdote… un roman peut-être ; bref, des auteurs qui ne laissent pas indemne. Eh oui, me voilà atteint des tics et tocs plumitifs, carnets, stylos, et borgnottage de manière à saisir le détail qui enclenche, sous la couenne, la mécanique de l’écriture.

2003 – 2005 la rencontre des textes de Ferdinand Céline, tranchants comme des lames de rasoir, provoquant de multiples émotions qui m’accompagneront tout au long de l’écriture de Flic à Bangkok, d’où les nombreuses allusions à l’auteur de Voyage au bout de la nuit ; le métier policier, vu comme une odyssée dans la société humaine.

Flic à Bangkok rend hommage à mes collègues des brigades spécialisées envoyés en mission à l’étranger, qui aujourd’hui encore enquêtent sur les réseaux de trafiquants d’enfants et de stupéfiants ; aucun d’eux ne revient intact de ces «voyages» ; ils se reconnaîtront dans ces pages en redécouvrant une légende en Asie du Sud-est, Chan Shee Fu connu sous le nom de Khun Sa ; mais au-delà de l’anecdote, c’est la rencontre de l’Orient et de l’Occident, vue par un policier qui ne connaît de règles que celles édictées par son pays et par les truands de son quartier. A Bangkok, tout le heurte et le séduit, et il comprend vite que les subtilités de ce monde lui échappent.